mercredi 11 décembre 2013

Passage express au Chili – San Pedro de Atacama


Nous arrivons San Pedro de Atacama. Les paysages sont assez proches de ceux du Sud de la Bolivie, seuls quelques volcans nous séparent. En revanche, sous découvrons avec plaisir que le niveau de développement n’est pas le même. Ici la route est bitumée, les maisons ont des vrais toits, et dans notre auberge, il y a une connexion internet (qui fonctionne, pas seulement pour la déco).



Après 1 mois de repas boliviens et péruviens, nous avons envie de goûter à autre chose ! Nous nous offrons un déjeuner dans le meilleur restaurant de la ville, le Baltinache. Nous dégustons nos salades, où se mêlent le fromage de chèvre, l’abricot sec et le quinoa pour l’une, et la pomme, le céleri et le jambon cru pour l’autre. Nos papilles sont en effervescence, nous retrouvons d’autres saveurs que le poulet/ pommes de terre. Les plats confirment la délicatesse de la cuisine. Un travers de porc aux herbes et aux figues et un filet de poisson accompagné d’une sauce à la mangue. Les desserts continuent de nous surprendre avec une mousse de farine toastée. Nous n’en savons pas plus des recettes, mais une chose est sûre, ce petit restaurant du désert rivalise sans problème avec pas mal d’adresses parisiennes.


Ce passage au Chili n’étant qu’une étape pour rejoindre l’Argentine, nous réservons notre bus pour 2 jours plus tard. Ce sera le temps d’aller passer un bout de la nuit dans un observatoire astronomique. Ici, la clarté du ciel et les conditions climatiques permettent d’avoir une vue incroyable sur l’espace. Nous suivons les explications en espagnol, le groupe pour celles en français est déjà plein. A l’aide de son laser portatif, notre astronome nous pointe les étoiles, on croirait qu’elle peut les atteindre, bien qu’elles soient à des milliers d’années lumière.

Une photo de la lune à travers un télescope, quelques explications sur l’Univers autour d’un chocolat chaud et il est déjà temps d’aller se coucher. Demain, c’est repos avant de repasser une nouvelle frontière, celle de l’Argentine. 





Psychose nocturne

On nous informe rapidement que nous pouvons prendre un 4x4 une heure après, qui s’arrêtera au bout de 4h pour passer la nuit dans un petit village avant de repartir le lendemain matin. Nous serons seuls dans la voiture. Enfin, c’est ce que nous croyons….

Au moment du départ, l’agence nous informe que nous prendrons également deux ados de 12 et 14 ans, devant rejoindre leur famille à 1H30 de route de là. Quelques minutes après le départ, le chauffeur nous informe que nous emmènerons également deux autres personnes, travaillant dans l’auberge où on passera la nuit. Pour ne pas nous déranger, elles s’assiéront sur le siège avant. Nous nous arrêtons pour les prendre et constatons qu’il ne s’agit pas de deux personnes, mais d’une mère, du père et du fils de 4 ans qui veulent faire route tous sur le siège avant, sans la moindre ceinture de sécurité.

De 3 personnes prévues, nous nous retrouvons donc à 7 et demi… Nous nous serrons à l’arrière, pour récupérer la mère et l’enfant sur nos sièges, ne voulant pas les laisser dans cette situation.

Au bout de 2h de route, les ados ne sont toujours pas descendus, la nuit tombe, nous roulons sur des petites pistes. L’homme assis sur le siège avant à un tatouage de poignard sur la main. Nous sommes dans l’une des régions connues pour l’activité importante des narco-traficants. Dans quel pétrin sommes-nous ? L’angoisse monte.

Le chauffeur nous informe que nous ne dormirons pas à l’endroit prévu, mais 3 heures plus loin, « pour nous rapprocher pour le lendemain ». Il répond de manière évasive, nous roulons sur des chemins toujours plus petits et non fréquentés. Lorsque nous demandons au couple ce qu’il fait, l’histoire de correspond pas à ce que le chauffeur nous a dit. Il était pourtant écrit dans les guides de ne pas accepter de passagers en cours de route.

Notre tension est à son paroxysme, la psychose commence. Yann récupère le couteau qui est dans le sac et le garde près de lui. Si nos compagnons tentent quelque chose, nous pouvons arracher l’enfant des bras de sa  mère et le prendre en otage. Nous demandons à notre chauffeur de s’arrêter à l’endroit prévu, et non à l’endroit qu’il avait envisagé. Il nous donne son accord, et nous arrivons 45minutes à l’endroit convenu. Nous reprenons la main sur la situation. Dans le village, l’auberge qui devait nous accueillir est fermée, une autre du village est pleine. Après 10minutes d’attente, nous nous résignons, il faudra atteindre le second village, 3h de route plus loin.

La nuit ne suffisait pas, la brume tombe d’un coup. Notre chauffeur semble perdu dans l’Altiplano, nous ne voyons pas à 10 mètres.

A force d’essais de discussion, le couple commence à s’ouvrir, nous raconte qu’il ne travaille pas dans l’auberge, mais qu’il va y travailler…. Subtilité de l’espagnol. Nous retrouvons confiance, de toute façon s’ils avaient voulu nous dépouiller et nous enterrer comme des lamas sacrifiés, ils n’avaient pas besoin de nous emmener si loin.

Avec 3 heures de retard sur le planning, nous arrivons dans une auberge, où l’on nous fait cuire 3 œufs et du riz, pour manger un peu. Nous parlons avec le chauffeur, lui expliquons l’angoisse que nous avons eu. Il la comprend, mais vraiment le tourisme en Bolivie n’est pas tout le temps adapté aux mentalités européennes.


Le lendemain, debout à 6h pour finir la route et arriver à la frontière. Nous donnons un peu de musique internationale à notre chauffeur, il est ravi, nous échappons à la flûte de pan et aux chansons locales. Nous allons passer la frontière, notre séjour en Bolivie s’achève, sur cette belle frayeur de la nuit. 

mardi 10 décembre 2013

Le Salar d'Uyuni, en mieux


4h30 du matin, nous sommes prêts à partir pour le Salar d’Uyuni, moment tant attendu.

#pausewiki : Le salar d'Uyuni est un vaste désert de sel situé sur les hauts plateaux du sud-ouest de la Bolivie.

Notre guide ne s’est pas réveillé (hasard ou simple coincidence ? – Je ne crois pas), nous partirons avec 30 minutes de retard. Nos chances de voir le lever du soleil sur le Salar, sont  compromises par la pluie torrentielle de la nuit. L’eau a envahi le Salar, nous le traversons à 10km/h et Hillario nous explique que c’est la dernière entrée dans le Salar de l’année. Nous visitons l’île Incahuasi, et apercevons le soleil au loin, mais malheureusement il repart bien trop vite. Notre guide nous apprend qu’un des groupes est tombé en panne et que nous devons aller les aider. Ils sont bloqués depuis 5h du matin à l’entrée du Salar.

Une heure de route plus tard, nous les rejoignons, avec une autre voiture. Nous les escortons/remorquons à nouveau, en traversant un paysage incroyable. 

La journée avait mal commencée. Nous n'aurons pas vu le Salar sous le beau temps, comme tout le monde, ni le soleil se lever, ce qui était la raison principale de notre grand détour et de l'excursion de 4 jours. Nous aurons vu beaucoup mieux, c'est à dire un miroir infini où se reflète le ciel sur la terre. L'horizon ne se distingue plus, nous avons l'impression de flotter, d'être tantôt en bateau, tantôt en avion, mais certainement pas en voiture...



Nous nous arrêtons sur un "îlot" de sel, le temps de grignoter un truc et de faire quelques photos en jouant avec la perspective. Nous n'inventons rien, nous l'avons déjà vu 1000 fois, mais c'est drôle quand même : 



Apres notre pause déjeuner, le vent se lève, la tempête est là. Sans visibilité, aucune chance de trouver son chemin. Les « îles » rocheuses sont les seules indications disponibles pour la navigation… Au bout de 3 ou 4h à rouler sans indication, alors que l’essence commence à manquer, notre covoitureur hollandais sort son GPS. Il nous informe que nous roulons plein Nord, alors que nous devons aller plein Est. Nous étions promis à une panne certaine, en pleine tempête au milieu d’un désert  grand comme deux départements français. Faut-il lui en vouloir de nous avoir fait perdre 3h alors qu’il était équipé ou le remercier de nous avoir certainement évité une nuit au milieu du désert de sel, en attendant que la tempête se calme et que nous ayons des secours… ? Finalement, avoir été piégés au milieu du Salar, nous a permis de profiter de cette merveille beaucoup plus longtemps. 


Nous rejoignons vers 16h la ville d’Uyuni, et comme nous n’avions pas eu assez de 4x4 depuis 4h du matin, nous décidons de repartir en direction du Chili, vers San Pedro de Atacama.










samedi 7 décembre 2013

Bienvenue au Sud Lipez et ses paysages fantastiques



Nous prenons goût aux bus de nuit, et embarquons à nouveau pour Tupiza. Nous sommes toujours les seuls gringos à bord (mais comment se déplacent les autres ? ), direction Tupiza pour une excursion dans le Sud Lipez, c’est-à-dire le Sud de la Bolivie, et le Salar d’Uyuni.



Nous prenons place dans un 4x4 avec Hilario notre guide, Modesta notre cuisinière, et deux Hollandais, ne parlant pas espagnol. C’est parti pour 4 jours dans le désert. Nous évitons de justesse le fou rire à l’annonce des prénoms de nos guides. Eh oui, après avoir rencontré une Genesis, un Ramses, une Regina, un Reinaldo, un Fernando on commence à avoir une bonne liste de prénoms...originaux.


La laguna verde (mais bleue en l'occurence...) 
Le dromadaire local

Les lamas et leur petit pour Léa et Margot
Ici, pas de route, que de la piste réinventée à chaque fois (le risque de crevaison augmente avec les pierres mises à nues au fur et à mesure..). Nous passons par des paysages magnifiques dès la sortie de Tupiza. Sur le chemin, nous découvrons des villages fantômes, des ruines où se cachent des viscachas (joyeux mélange entre le lapin, l’écureuil et le kangourou), nos premiers lacs et surtout des champs entiers de lamas et vicuñas (pour ceux qui ont déjà oublié, cf Machu Picchu). Nos compagnons de voyage ne s’avèrent pas vraiment funky et nous sommes contents d’arriver dans notre maison d’hôtes, arrêt d’autres groupes avec qui nous partagerons un peu plus. Notre hollandais préféré commence à se sentir mal dès le premier soir, nous ne saurons jamais ce qu’il a eu, certainement  une flémingite aigüe à chaque fois qu’il fallait décharger le 4x4.

#maisondhôtesboliviennekezako : Une maison très très sommaire, des chambres/dortoirs monastiques, pas de chauffage du tout, deux toilettes pour 20, une seule douche payante, les cuisines à l’extérieur… Ça a son charme sauf quand ton chauffeur choisit d’aller dans les maisons d’hôtes de ses cousins et que celle-ci sont les plus pourries de la région !



Nous repartons au petit matin par une baignade dans les eaux volcaniques à 36°, ce qui nous servira accessoirement de douche ! (Tous les touristes font pareil, heureusement nous passons les premiers). C’est la journée des lacs, la Laguna Verde, La Laguna Blanca et la Laguna Colorada. Le lac vert est le plus impressionnant, nous aurions presque envie de nous jeter dans cette eau turquoise et paradisiaque, si le lac n’était pas rempli d’arsenic et si le vent ne soufflait pas à tout rompre ! Nous découvrons les flamants roses et leur douce odeur. A se demander s’ils ne font pas une compétition avec les geysers et leurs effluves d’œufs pourris ! Ce paysage volcanique nous impressionne et nous restons sans voix devant nos premiers geysers et puits de boue en ébullition.

Les petites ombres, ce sont celles de Clem et du guide
Notre seconde nuit est chaotique, dans une maison d’hôtes gelée aux odeurs pires encore que les geysers et flamants cumulés. Nous en faisons la remarque à notre guide : il n’est pas possible d’emmener des touristes dans un endroit pareil. C’est le début de la fin avec nos accompagnateurs Boliviens.
Little Italy, cherchez notre 4x4...
Interprétation du flamant rose par les flamants roses
Libre interprétation du flamant rose par Clem


Notre Hollandais est toujours malade, et nous fait un « tout blanc » en plein milieu du désert, ce qui compromet un peu le déroulement de la journée. Nous découvrons quand même un lac noir, des cités rocheuses, escaladons à plus de 30 mètres, approchons de plus en plus près des lamas, et nous faisons arnaquer pour visiter une cave de 10m² d’algues fossilisées. Youhou. 

Depuis 2 jours, nous révisons les chansons locales (El condor pasa, toutes les versions connues à ce jour, les chants enregistrées dans les soirées alcoolisées des villages alentours, etc.). Nous arrivons à brancher notre Ipod, et après un peu de Motown, le guide choisit le répertoire « classique ». C’est parti pour 2 heures de classique/opéra à fond, toujours à pleine vitesse sur les pistes caillouteuses, un soulagement après les compils de mauvaises reprises de chansons 80’s / tubes français - en espagnol. Vous ne pensiez pas qu’ils auraient osé les Joe Dassin en espagnol avec des solos flûtes de pan ? Et bien ils l’ont fait.


Nous arrivons pour la troisième nuit dans un hôtel de sel, où nous consommons le divorce avec notre guide et notre cuisinière. Nous prenons notre première douche depuis 3 jours (eh oui, Juju on n’a pas lavé les pieds-pieds !). Notre guide nous demande lors du dîner si nous avons bien payé notre douche, il nous explique alors que les douches ne sont pas incluses et qu’il faut donc les payer. Au bout de 3 jours de désert, les touristes voudraient se laver ? Pour quoi faire ?


En 3 jours 24/24 ensemble, il n’avait pas trouvé le moyen de nous expliquer ce détail, alors que le prix de l’excursion est déjà assez conséquent. A peu près, deux minutes plus tard, les enfants de la maison d’hôtes viennent nous faire un petit spectacle de chants traditionnels, et font passer le chapeau. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, nous n’en pouvons plus d’être pris pour des porte-monnaie ambulants. Heureusement, la beauté et l'immensité des paysages compensent largement nos différents avec les Boliviens. 


jeudi 5 décembre 2013

Crêpe Beurre "Soucré" ?

Une nuit de plus dans un bus, mais celle-ci est un peu différente des autres, les toilettes sont HS, et notre chauffeur est un pilote de  « formule bus », ne voulant pas se faire dépasser par les dizaines de bus qu’il avait déjà doublé. Après 6h de bus, et 30 minutes de harcèlement pour que le chauffeur fasse une pause, nous nous arrêtons enfin sur un bas-côté.

#techniquedeharcèlement : s’assoir dans la cabine du chauffeur pour chanter les musiques qui passent en boucle. Les reprises de « Céline Dion - My heart will go on », deux fois « Scorpions - Wind of change »  et  « Bonnie Tyler - Turn Around » par Yann finissent de le convaincre de s’arrêter…

Nous prenons nos quartiers dans une auberge de Sucre, et décidons d’aller explorer la ville. Un passage par le marché pour prendre la température de la ville, puis nous arpentons les rues de la cité blanche. Sucre est une ville charmante, capitale culturelle de la Bolivie, c’est donc naturellement « the place to be » pour visiter des musées. Sauf que nous, on préfère les rencontres avec les Boliviens dans les rues à la lecture de dizaines de panneaux enfermés dans un musée. Nous flânons toute la journée sous le soleil…
La jelly version bolivienne



Dans une agence de la ville, nous rencontrons une Suisse, qui nous vante son tour de 4 jours dans le Sud Lipez et surtout le lever du soleil sur le Salar d’Uyuni. Nous avions prévus de le faire dans l’autre sens mais qu’à cela ne tienne, nous réservons  notre bus pour Tupiza, point de départ du tour de 4 jours.

Pendant notre balade nous avions repéré une crêperie française tenue par un certain Xavier de Fr... Nous nous y installons pour dîner, manifestement le patron n’est pas là. Sur les 3 jeunes Boliviennes, pas une ne semble en activité. La commande passée, il ne faut que quelques secondes à la cuisinière/serveuse/caissière pour nous apporter une crêpe. Une crêpe, oui,  mais pas celle commandée. Elle repart donc avec, et essaie de la refourguer (bah oui, elle est encore chaude !) à un couple qui vient de s’installer. Ce dernier est tellement surpris qu’il repart aussi sec. Pour les desserts, même punition même motif, rien de correspond à notre commande ! On aura beau dire, la Bolivie c’est pas la Bretagne. 

mercredi 4 décembre 2013

600 mètres au dessus du Mont Blanc : le Chacaltaya

La route qui nous emmène au Chacaltaya
Personne ne voulait faire le Chacaltaya ce jour-là. Il semble que nous étions les deux seuls touristes motivés pour aller voir ce qu’il se passe à 5400m. Nous arrivons à motiver un Français qui était avec nous sur la route de la mort pour créer un groupe et diviser les frais.

Après avoir servi de guide au guide pour trouver l’auberge de notre compagnon de route, nous filons vers le Chacaltaya. Nous partageons quelques « salteñas » en espérant qu’elles ne nous filent pas un sale ténia.

Au bout de quelques minutes, nous quittons La Paz et El Alto, la ville qui surplombe cette première sur l’Altiplano, et avons l’impression d’avoir roulé 3 jours, tellement nous nous sentons isolés. 1h30 de route défoncée, à flancs de montagne, nous ne sommes pas très rassurés dans la Toyota de notre guide. Aujourd’hui, pas de touristes. Lorsque le guide nous dépose, un épais brouillard nous enveloppe, ne nous laissant même pas entrevoir le sommet. Nous partons d’un pas décidé sur un chemin de pierres cassées et de neige, et rejoignons ce que nous pensons être le sommet. Quelque chose cloche. Un coup de vent dégage un peu de visibilité, et nous apercevons un autre sommet à quelques centaines de mètres. La station météorologique atteinte, nous ne voyons pas comment aller plus haut. Nous sommes à 5395mètres, l’effort physique coûte (mauvaise idée le sprint final entre mecs…), mais c’est loin d’être insurmontable. Un dernier coup de vent découvre une partie de ce que nous étions venus chercher, c’est-à-dire un point de vue sur toute la région. Nous ne verrons que les villes alentours et leurs lacs, mais c’est suffisamment éblouissant pour ne pas nous faire regretter la balade !









Un bref passage par La Paz, pour attraper un sandwich, nous voilà repartis à la découverte del Valle de la Luna. Nous attendons un minibus local pour éviter les circuits hors de prix des agences. Nous passons par un La Paz moins touristique, les maisons sont plus belles et plus grandes les unes que les autres. La différence avec les immeubles du centre-ville est saisissante, mais après avoir passé la matinée aux abords del Alto (banlieue très populaire), on se rend vraiment compte des disparités entre paceños. Clem profite du voyage pour discuter avec une jeune maman bolivienne de la France, de la Bolivie et des coutumes des deux pays.

30 minutes plus tard, nous arrivons à la Vallée de la Lune, une fois l’entrée payée, nous sommes livrés à nous même dans un parcours fléché. Aucune explication sur le pourquoi du comment ! Merci Wikipedia ! Le paysage est réellement lunaire une balade de 45 minutes est largement suffisante dans ce paysage. 




Nous reprenons un minibus pour retourner boucler nos sacs…. Après 5 jours à La Paz, nous allons de nouveau passer la nuit dans un bus pour rejoindre, la capitale culturelle de la Bolivie, Sucre (prononcez « Soucré »).

mardi 3 décembre 2013

Nous avons survécu à la route de la muerte...

Nuit infernale avant d’embarquer pour la route de la mort, puisque nos voisins de chambre trouvent pertinent de laisser leur fille pleurer. Toute la nuit. Un peu dans le gaz, nous nous préparons donc pour cette aventure toute particulière.

#NoteAuxBeaux-parents : C’est bien l’initiative de votre fille. Oui, la même qui trouve que faire du Vélib à Paris est trop dangereux a souhaité s’aventurer sur le Camino de la Muerte en VTT. Je ne comprends toujours pas, n’hésitez pas à m’éclairer. En ce qui me concerne, comme ce que femme veut, Dieu le veut, je me suis dit que je ne risquais pas grand-chose.


Nous voilà donc à 4600 mètres pour enfiler nos tenues (casques, gants, protections), même si on se doute que cela ne servira pas à grand-chose si nous imitons le condor avec 1km de précipice. On prend en main nos bicyclettes, puis après 20km d’asphalte très confortable, nous bifurquons vers la route à flanc de montagne. Deux contrôles de police passées dont un pour les narcotiques (cela nous rassure ?), et nous abordons la fameuse « route », il nous reste un peu plus de 40km à descendre.


Dès le départ, les croix des personnes qui sont passées par-dessus bord en camion mettent l’ambiance. Le précipice sans fond, l’absence de glissière de sécurité et les anecdotes du guide (« là, untel a reculé pour prendre une photo, et pioufff ») nous confirment ce que nous pensions déjà. Ici, on ne fait pas les marioles. Clem a voulu descendre, donc on y va, mais on est aussi sereins qu’un lama un jour de sacrifice pour Pachamama.

Les consignes sont strictes : On roule côté précipice, pour laisser les véhicules qui montent côté montagne. Oui oui, la route est toujours ouverte, en double sens, alors que la largeur atteint péniblement les 3,50m à certains endroits. On crie « Auto » pour prévenir les copains. On ne se cherche pas les uns les autres (chacun pour soi et Dieu pour tous). On reste en vie.




Nous aurions pu également nourrir des chiens errants, qui sont les esprits des personnes disparues. Un bout de pain par-ci par-là et on est protégé. Easy ! Les voitures sont d’ailleurs bénies, comme nous l’avons vu à Copacabana.
Niveau sécurité, c’est assez léger. Notre guide ouvre la route (loin devant), notre minibus ferme la marche (loin derrière). Si on est entre les deux et que l’on choisit la voie des airs, personne ne nous verra. 

Nous passons sous des cascades, traversons des rivières, doublons et croisons des camions (toujours côté précipice, vous vous souvenez ?). C’est épuisés, lessivés, rincés, mais surtout heureux d’en avoir fini que nous arrivons, et nous récompensons d’une boisson bien fraîche, il faisait chaud sous nos combinaisons de protection… Finalement, c'était loin d'être insurmontable, même pour des personnes qui ne sont pas montées sur un VTT depuis 1992. 





Note pour plus tard : 40 km sur une route défoncée ça fait très mal aux fesses, vraiment très mal.

Un déjeuner sommaire, une courte sieste dans un hamac, et il est déjà temps de repartir. Demain, nous irons voir le Chacaltaya, le glacier disparu de la Paz...





Après l'effort, le réconfort