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mercredi 5 février 2014

Fin de l’Amérique du Sud : L’heure du bilan

Cela fait un peu plus de 2 mois et demi que nous sommes partis. C’est l’heure du bilan Sud-Américain !



Pour les records, sont nominés :
-     Catégorie Transport : 260h de bus soit presque 11 jours entiers assis/couchés sans bouger, avec un record à 27h d’affilée.
-      Catégorie Hébergement : 36 oreillers testés et parfois pas vraiment approuvés
-      Catégorie Animaux : 160 piqûres de puces de lit – surprise au réveil
-    Catégorie Hygiène : Le nombre de jours sans pouvoir changer de sous-vêtements : Non-communiqué, nous voulons encore avoir des amis en revenant.
-      Catégorie Frontière : 14 passages de frontières, en bus/bateau/avion/pieds

Nos 5 endroits préférés :
-          Le Machu Picchu
-          Le glacier Perito Moreno
-          Le salar d’Uyuni
-          La région des lacs de Bariloche
-          Les chutes d’Iguazu de noche, exaequo avec le lac Titicaca

Notre top 5, catégorie « assiette » :
-          Le bœuf argentin, cuisson « parilla » – bife de chorizo, avec sa sauce chimichurri
-          L’agneau patagonique, le merlu noir et le crabe géant à Ushuaia
-          Le dîner « maison » aux bougies à Las Velas, sur le sommet de la Isla del Sol – lac Titicaca
-       Une cuisine gastronomique au milieu du désert de l’Atacama, et au milieu des vignes à Bariloche
-          Une pizza à la Mesita Grande, après 3 jours de randonnée aux Torres del Paine

Notre top 5 catégorie «boissons plus ou moins bonnes » :
-          Les  jus de fruits frais de Marcelina en Bolivie
-     Les vins argentins et chiliens, en rouge & en blanc, du Syrah, Torrontes, Cabernet, Sauvignon…
-          Le mote con huesillos après l’effort
-          Le mate de coca pour lutter contre le mal de crâne dû à l’altitude
-          Le terremoto chilien – un peu moins le tremblement de tête directement lié !

Nos 5 moments « adrénaline » :
-          La route de la mort en VTT, en Bolivie
-          L’alpinisme sur le glacier Viedma
-          Le transfert en 4x4 vers San Pedro de Atacama et notre psychose nocturne
-          Le chemin dans le noir avec les chiens errants au Machu Picchu
-          Admirer une voute céleste incroyable à San Pedro de Atacama

Pas de top 5 pour nos compagnons de routes : Merci à Alberto, Rachel & John, Jessica, Romain, Séverine & Dario, Emilie & Nicolas, Yoly & Paulina & Antoine (par procuration), David et à la bande de brésiliens du réveillon de Noël d’avoir partagé avec nous un moment de notre voyage.

Nos deux interrogations : ces panneaux dont ignorons la signification. Nous comptons sur vous, vos meilleures propositions seront recompensées par une surprise de notre part ! 



vendredi 24 janvier 2014

Tremblement de terre à Valparaiso



Huit. C'est le nombre de passages de frontière chilienne-argentine que nous avons fait. Les nombreux tampons sur notre passeport en témoignent. Nous sommes des spécialistes du remplissage de documents, on peut même cocher les cases les yeux fermés! Mais un passage nocturne, c'est presque pareil sauf que c'est plus long et pénible. Entre 1h et 3h30 du mat, certains boivent un verre, sortent en boîte ou dorment, nous on reste dehors en pleine Cordillère des Andes, à passer les contrôles de passeport, faire vérifier les sacs à mains, puis les sacs à dos, à promettre que nous n’avons pas d'animaux morts ou de fruits dans nos affaires et puis attendre que les boulets (pas nous, on est des pros maintenant on vous a dit!) s'aperçoivent qu'ils ont oubliés un contrôle… C'est trèèèès long tout ça au milieu de la nuit. Alors c'est les yeux plein de sommeil que nous débarquons à Valparaiso, « Valpo » pour les intimes.

#Valpo: ville célèbre au temps de la ruée vers l'or, c'était the place to be entre le Cap Horn et San Francisco, puis le canal de Panama a fait un hold-up sur les trajets Europe-États-Unis, et les bateaux ont délaissé Valpo. Protégée depuis 2003 par l'UNESCO, cette ville colorée aux nombreux bâtiments délabrés est maintenant surnommée la "ville oubliée".

Valparaiso, la ville aux 44 collines, ne pourrait pas être qualifiée de ville « plane ». A quelques rares exceptions, toutes les rues sont en pentes. De vraies pentes, celles qui vous dissuadent de repartir si vous avez oublié le pain… Des escaliers dans tous les sens, et une dizaine de funiculaires (ascensores) aident les locaux au quotidien. Autant d’éléments pour donner du charme à une ville !




Dans toutes les rues, et les murs sont les supports d’incroyables graffitis, qui colorent et illuminent la ville. Presque pas de place pour les vilains tags que nous connaissons, ici ce sont des œuvres d’art à chaque coin de rue. Nous nous perdons dans les ruelles, mais pas trop non plus, nous avons été mis en garde sur la sécurité…








Dîner à Valparaiso, c’est plutôt facile. Les bons restaurants sont légions, il y a de la diversité dans les menus. Bon, c’est légion, sauf en cas de coupure d’eau générale. Nous étions bien en appétit pour le restaurant aperçu un peu plus tôt, mais le sort en a décidé autrement. Une coupure d’eau, c’est sans prévenir, et pour une durée indéterminée ma ptite dame, sinon vous pourriez vous y préparer…bref, ça ne serait pas assez drôle.

Notre plan ayant échoué, nous finissons tant bien que mal à trouver un petit quelque chose à se mettre sous la dent, et de fil en aiguille, nous nous laissons tenter par une spécialité du Chili. Plus précisément un cocktail, le « Terremoto » (tremblement de terre). Pas d’alerte sur l’échelle de Richter, bien que ce terremoto là nous ait bien secoué :

#RecetteDuTerremotto* : Vierta dos litros de vino blanco (vous devinez..) helado en una jarra. Agregue 300 cc de pisco (un peu de pisco en plus, au cas où le vin blanc ne suffise pas). Añada cinco cucharadas grandes del helado de pina (et un peu de glace à l’ananas, sait-on jamais), tres de azúcar y revuelva suavemente.

*Nous laissons volontairement la recette en espagnol, vous ne pourrez pas dire que l’on n’aura pas essayé de vous préserver de ce tremblement de tête terre. Pour vous rapprocher de la réalité, prenez du vin blanc vraiment pas très bon. Salud !

En conclusion, un pichet (comment le boire autrement ?) de Terremoto combiné à une coupure d’eau, c’est une nuit cadeau en déshydratation complète !  

En compagnie d’une amie Chilienne –Yoly-, nous repartons le lendemain parcourir la ville, et visiter l’une des trois maisons de Pablo Neruda. Nous y allons sans grande conviction, mais c’est au final une très agréable surprise. Sa maison, bâtie comme un navire, surplombe Valparaiso, domine l’océan et porte toute l’histoire de cet homme que nous ne connaissions que très (très) peu. On note dans un coin qu’à notre retour, il faudra lire « Né pour Naître », les quelques pages feuilletées ont donné bien envie, mais nous ne pouvons pas nous encombrer pour le moment.

#PabloNeruda : poète/écrivain/diplomate/homme politique/penseur chilien/prix Nobel de Littérature. Véritable icône au Chili, il y a même des graffitis le représentant sur les murs des villes…




Nous retiendrons l’un de ses poèmes :

El Océano Pacífico se salía del mapa,                                      
No Habia donde ponerlo                                                             
Era tan grande, desordenado y azul                                         
Que no cabía en ninguna parte                                                 
Por eso lo dejaro frente a mi ventana.                                       

L'Océan Pacifique sortait de la carte, 
On ne savait plus où le mettre.
Il était si grand, désordonné et bleu
Qu'on ne pouvait le faire entrer nulle part
Alors, on l'a laissé devant ma fenêtre.

Il est déjà temps de quitter Valparaiso, nous nous déplaçons de quelques kilomètres au Nord pour rejoindre les villes balnéaires de Concón (prononcez « conne-conne »), Vina del Mar et Reñaca. Des jolies villes bien bétonnées, un littoral sans charme, quel contraste avec notre coup de cœur pour Valparaiso ! 











vendredi 10 janvier 2014

Les "Torres" de la douleur




Un passage éclair par les frontières argentine-chilienne-reargentine-rechilienne et nous voilà à Puerto Natales. Ici, l’activité principale, c’est la préparation de trekking dans le parc « Torres del Paine ».

#TorresDelPaine : Littéralement les Tours de Paine, le mot indigène signifiant « bleu ». Grosso modo, ce sont des pics de granit s’élevant dans le ciel, qui ont donné au parc son nom. Mais il y a aussi un glacier, et tout plein de montagnes, autant d’occasions de monter-descendre-monter-descendre sur les sentiers… Enfin, ça c’est ce qu’ils disent. Après 3 jours de randonnée, notre meilleure hypothèse est que Paine vient de l’anglais « pain » (douleur).

Donc oui, nous allons encore voir des montagnes, mais ici la randonnée se fait sur plusieurs jours… Challenge accepted !

Nous arpentons les rues, piochons dans les supermarchés pour rassembler de quoi tenir 3 jours en randonnée. Menu équilibré : Le matin jus, pain et dulce de leche (nous vous en avons peu parlé, il faudra que nous revenions sur ce sujet), le midi PTH (Pain-Thon-Œuf), le soir « noodles ». Quatre pommes, douze barres de céréales pour l’énergie et une plaquette de choc’ pour le moral ! Comme nous ne sommes pas des trappeurs du grand Nord (ou du grand Sud, en l’espèce), nous nous chargeons également d’une bouteille de vin, nous aurons certainement envie de nous récompenser de tous ces efforts ! Pas besoin d’eau, il y aura les ruisseaux pour cela !

Nos provisions pour la rando ! Uniquement l'essentiel :)
Nous louons un réchaud, une bouteille de gaz, achetons deux bâtons de rando (oui, nous aurons la classe ET l’allure de vrais randonneurs), et partons le lendemain matin en direction du parc Torres del Paine. On vous passe l’épisode du petit déjeuner, où notre hôte s’improvise breton, mais la pâte de ses pancakes à base d’œufs et d’eau, sans farine, ne nous convainc pas tout à fait…

Notre itinéraire est fait, 8h de marche le premier jour, une balade à cheval le lendemain matin pour s’épargner 11km de faux plat, et re-8h dans la foulée. Le dernier jour, 5h pour finir et aller chercher le bateau. C’est limpide, efficace. Mais forcément, ça ne se déroulera pas comme cela (on commence à s’y faire).

Nous arrivons dans le parc, des dizaines de guanacos (le lama local- ca faisait longtemps) nous accueillent. Grand soleil, il paraît qu’ici la météo donne les 4 saisons en 24h. Pour l’instant, l’été, ça nous va !
Notre première journée nous permet de nous approcher de ces fameuses « Torres ». Oui, quand vous montez un sentier pendant quatre heures, il y a intérêt à ce que ce soit fameux ! Bon, a priori le Fitz Roy de notre randonnée précédente a passé le mot, elles sont également la tête dans les nuages. Même pas mal au moral !

Les fameuses "Torres"
Retour en quatre heures à notre refuge, session camping – nous nous en tirons étonnamment bien (même pas de casserole renversée avec toute la bouffe – on progresse).  

Le lendemain, nous avions donc prévu la randonnée à cheval pour éviter les 11 premiers kilomètres et nous économiser un peu – mais nous avons été mal informé par la société d’exploitation du parc, en fait, pour faire court, c’est pas possible ! Notre journée de marche vient de se rallonger de 4h d’un coup.

#4heures -11km : Nous ne comprenons toujours pas pourquoi. L’allure communément admise de marche est entre 5 et 6km/h, donc on aurait dû torcher cette étape en 2heures, et zouh on continuait sur notre lancée. "Pépouze". Sur la carte, le timing annoncé est de 4,5h. Cela veut donc dire que les randonneurs marchent à moins de 2,5km/h. Mmm, la randonnée se fait sur les genoux ou en portant un lama sur son dos ? Nous partons optimistes, arrivons en 3h15 – soit du 3,4km/h, alors que nous avions un bon rythme. Nous ne savons pas ce que vous en pensez, mais soit l’espace-temps n’est pas le même dans la région, soit les 11km c’est du gros pipeau, calculés à vol d’oiseau (et sans traverser les ruisseaux), mais il y a un truc qui tourne pas rond.


La spécialité du coin, c’est la chasse à la casquette. Un vent qui vous retire votre couvre-chef dare-dare et qui l’envoie dans les fourrés, de préférence assez inaccessibles. Un vent qui vous fait vous accrocher à vos deux bâtons solidement plantés dans le sol, et qui vous fouette le visage. Bonne nouvelle, notre itinéraire évitait les zones de « vent fort »…

Bon du coup, une randonnée qui commence avec 3,5h de sentier dans les pattes, forcément ce n’est pas aussi facile ensuite. Nous atteignons le refuge où nous passerons la nuit, et poussons encore de 3h – aller – pour jeter un œil à la Valle Francès. Nos pieds piquent les yeux, notre dos accuse la randonnée de la veille, et nous rebroussons chemin avant le sommet (et avant de se tordre une cheville).

La Valle Frances
Nous sommes raisonnables, conscients qu’il nous reste 3h pour retourner au refuge, et que chaque minute où nous montons, cela correspondra à une minute de plus nécessaire pour redescendre. Et s’il y a une chose plus difficile que de s’échiner à escalader une montagne, ça doit être précisément de la redescendre. C’est la première fois depuis le début du voyage que nous n’allons pas au bout d’une excursion, nous apprenons nos limites.

Nous arrivons lessivés au refuge, nous découvrons nos lits. Vous saviez que c’était possible de superposer un lit à des lits déjà superposés ? Et bien si. Et devinez qui a dormi à 5mètres du sol, sans barrière de protection ? C’est nouuus ! Autant vous dire que nous avons fait comme les chats : un œil qui dort, et un autre qui regarde si le vide ne s’approche pas…

Notre itinéraire final
Le lendemain, nous enchaînons et repartons à 7h45, pour aller chercher le bateau qui nous ramènera à la civilisation. Pas le temps de traîner, nous passons par la saison « Automne », bravons la pluie, les ruisseaux et chemins inondés pour arriver tout juste à l’embarcadère. Notre randonnée de 3 jours s’achève, nous avons appris beaucoup sur nous-mêmes, nos pieds et nos chaussures, retournons avec le plus grand plaisir à notre auberge, et nous pressons de changer la composition du menu avec une bonne pizza suivi d’une grosse nuit !

Le lendemain, nous quittons Puerto Natales pour Punta Arenas.

RAS à Punta Arenas. Ah si, un aéroport. Nous passons par la case « Avion », ne touchons pas 70h de bus, et filons en case Santiago, fin de la Patagonie ! 


Los Cuernos (Les cornes)




mercredi 11 décembre 2013

Passage express au Chili – San Pedro de Atacama


Nous arrivons San Pedro de Atacama. Les paysages sont assez proches de ceux du Sud de la Bolivie, seuls quelques volcans nous séparent. En revanche, sous découvrons avec plaisir que le niveau de développement n’est pas le même. Ici la route est bitumée, les maisons ont des vrais toits, et dans notre auberge, il y a une connexion internet (qui fonctionne, pas seulement pour la déco).



Après 1 mois de repas boliviens et péruviens, nous avons envie de goûter à autre chose ! Nous nous offrons un déjeuner dans le meilleur restaurant de la ville, le Baltinache. Nous dégustons nos salades, où se mêlent le fromage de chèvre, l’abricot sec et le quinoa pour l’une, et la pomme, le céleri et le jambon cru pour l’autre. Nos papilles sont en effervescence, nous retrouvons d’autres saveurs que le poulet/ pommes de terre. Les plats confirment la délicatesse de la cuisine. Un travers de porc aux herbes et aux figues et un filet de poisson accompagné d’une sauce à la mangue. Les desserts continuent de nous surprendre avec une mousse de farine toastée. Nous n’en savons pas plus des recettes, mais une chose est sûre, ce petit restaurant du désert rivalise sans problème avec pas mal d’adresses parisiennes.


Ce passage au Chili n’étant qu’une étape pour rejoindre l’Argentine, nous réservons notre bus pour 2 jours plus tard. Ce sera le temps d’aller passer un bout de la nuit dans un observatoire astronomique. Ici, la clarté du ciel et les conditions climatiques permettent d’avoir une vue incroyable sur l’espace. Nous suivons les explications en espagnol, le groupe pour celles en français est déjà plein. A l’aide de son laser portatif, notre astronome nous pointe les étoiles, on croirait qu’elle peut les atteindre, bien qu’elles soient à des milliers d’années lumière.

Une photo de la lune à travers un télescope, quelques explications sur l’Univers autour d’un chocolat chaud et il est déjà temps d’aller se coucher. Demain, c’est repos avant de repasser une nouvelle frontière, celle de l’Argentine.