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lundi 7 avril 2014

Kathmandu : Suite et fin

Il est temps de rejoindre Katmandou et de retrouver nos camarades québécoise du trek ! Un petit tour de taxi et nous voilà de retour au cœur de Thamel.





Après notre courte nuit, nous n'avons pas envie de faire grand chose mais il ne nous reste que 2 jours avant le départ. Au programme de l'après midi, la ville de Bodnath et son immense Stupa.

#PrendreLeTaxiAuNépal: Il faut tout d'abord s'installer dans une petite voiture, basse et tape-cul. Puis le chauffeur démarre, klaxonne à peu près toutes les deux secondes, se faufile entre les voitures, vélos, motos et piétons, créé parfois une troisième ou quatrième file pour avancer, se met sur l'autre voie pour doubler avec les voitures qui arrivent en face, se déporte pour éviter une vache, se renifle la gorge et crache par la fenêtre, frôle quelques piétons, écrase presque le policier qui fait la circulation, et finalement te dépose à l'endroit souhaité. Toi, pendant ce temps-là, tu t'accroches ou tu peux, serre les fesses, ferme les yeux et prie...
C'est difficile de vraiment se rendre compte, mais en gros, tu es plus proche des gens qui se trouvent à l'extérieur de la voiture que de la personne avec qui tu partages la banquette arrière!

Nous voilà donc en vie, à Bodnath, toujours en banlieue de Katmandou, où nous découvrons cette Stupa énorme. Il s’agit c'est l'une des villes les plus tibétaines du Népal. L'atmosphère bouddhiste est apaisante et nous rencontrons plus de fidèles que nous n'en avons vus depuis le début de notre voyage au Népal. L'ambiance est au recueillement et à la prière pour les bouddhistes, et à la découverte pour nous.




Nous partons à la recherche des Canadiennes dans Katmandou, non sans mal. Elles nous indiquent se trouver à l'Himalaya Café. Facile, on trouve l'adresse, et on y va... Une fois arrivés, on découvre qu'elles n'y sont pas. Le serveur nous dit gentiment qu'elles doivent se trouver dans l'autre café, il nous fait un plan sur une serviette en papier et nous repartons dans le sens inverse. Ça y est, on le trouve, mais elles ne sont toujours pas là... Tout s'éclaire, c'est une chaîne, il y en a six dans Katmandou, nous décidons d'en tenter un dernier, marchons pendant 30 minutes et les trouvons bien installées dans le café! Il y a des noms de rues à Katmandou sauf que personne ne les connaît, et qu’elles ne sont pas inscrites sur les murs !. Ce n'est pas bien facile de s'y repérer...

Nous terminons ainsi notre passage au Népal, par une brève soirée avec notre camarade Carlo, et filons vers l’aéroport, où l’organisation est aussi efficace que la circulation.

jeudi 3 avril 2014

De retour à Katmandou, en passant par Bakhtapur et Patan

Nous reprenons la route pour la vallée de Katmandou. Sept heures de bus, Clem est un peu mieux que la veille mais le trajet est long. C'est la pluie qui nous accueille à Katmandou, le temps de négocier un taxi et nous voilà partis pour Bakthapur, ville à seulement quelques kilomètres de la capitale, mais bien plus traditionnelle, avec notamment un marché aux poteries.

Nous arrivons 30 minutes plus tard sur la place principale de la ville. Nous n'avons pas la force ni l'envie de chercher des heures une auberge et nous nous laissons tenter par la première venue. C'est sommaire mais ça fera l'affaire pour une nuit. Tellement sommaire que même la planche de contreplaqué qui sert de sommier est fêlée !

Nous partons prendre nos marques dans la ville et chercher à dîner... Nous n'avons pas vraiment manger depuis la veille et nos estomacs sont en manque. Nous trouvons le restaurant coréen plébiscité sur le net et dans les guides. Nous avons l'impression de jouer à la dînette avec les portions qui nous sont servies et nous ressortons moins affamés mais clairement pas repus!






Sur les conseils des enfants-guides du coin, nous nous levons tôt et commençons la visite de la ville à 7h15. Nous ne croisons aucun touriste et nous immergeons dans la vie népalaise. Nous nous perdons dans les ruelles, cherchons les temples et nous profitons de ce Bakthapur non touristique. Nous sommes juste un peu irrités de bon matin par les klaxons incessants des motos et voitures. Les temples sont beaux, différents les uns des autres et nous assistons à certaines offrandes matinales. C'est une ville dites médiévale et dépaysante. nous croisons une manifestation du parti communiste locale dans les ruelles de la ville.


Nous décidons de poursuivre notre route et d'aller découvrir Patan. 20 minutes de route normalement et nous y serons. C'était sans compter sur la manifestation, ce qu'on avait pris pour un petit rassemblement local est en faite l'université d'été du parti communiste, et le défilé des membres part rejoindre Katmandou à pieds, à 15km de là, en bloquant la route. 
Notre taxi cherche désespérément des raccourcis mais rien y fait, nous mettrons 1h30 pour rallier Patan.
Nous trouvons un logement agréable où nous prenons nos quartiers, près de la place principale.




Patan, c'est la banlieue chic de Katmandou, nous trouvons le quartier des restaurants d'expatriés et cela nous va bien. Pour y aller, il faut marcher une bonne dizaine de minutes, pas grand chose, sauf quand il faut slalomer et jouer des coudes avec les motos et voitures pour avancer.

Nous profitons pour nous balader, trier nos photos et faire un peu de yoga. Nous assistons à un cours collectif et nous nous en sortons pas trop mal. C'est fou ce que ça fait marcher les muscles, c'est vraiment du sport !

Nous sommes déjà au 6 avril, nos noces de coton. Il y a un an, nous étions entourés de nos proches et nous nous disions oui! Une chose est sûre, nous n’aurions jamais parié sur le Népal si on nous avait demandé où nous serions pour nos un an de mariage. Mais voilà, la vie réserve bien des surprises ! Événement spécial veut dire soirée spéciale... Nous nous rendons au Vesper restaurant, le numéro 1 sur tripadvisor. A peine assis, nous nous rendons compte que notre portemonnaie ne comprend pas assez de billets si on veut se payer une bouteille de vin...

Yann saute dans un taxi, retourne à l'hôtel, attrape la carte bancaire et reprend le taxi. Ça y est la soirée peut commencer. 

L'endroit est agréable, une terrasse couverte avec des petites cheminées à gaz... Nous commandons une bouteille de vin italien (les vins français sont hors de prix) et nous savourons notre dîner. Nous soufflons notre première bougie sur un brownie! Nous sommes sur le point de rentrer, quand Gagan, le propriétaire Népalais du restaurant vient discuter avec nous. L'Europe, les vins, le business et autres sujets s'enchaînent, il nous fait goûter à ses grapas préférées, puis à son Cognac, le tout accompagné d'un plateau de fromage européen (après le brownie)! C'est un moment bien sympathique. 

Nous réglons notre addition, laissons un pourboire, et sommes de nouveau prêts à partir. Gagan qui s'est éclipsé revient avec une surprise : Ce n'est pas tous les jours, que l'on fête un premier anniversaire de mariage, alors il nous offre une bouteille de champagne Bruno Paillard, une saveur bien oubliée depuis 5 mois !

Nous nous rasseyons et la partageons avec lui... Nous n'avons plus l'habitude de boire autant, nous sautons dans un taxi, impossible de tenter de rentrer à pieds, et d’ailleurs la ville est déjà endormie.

C'est une belle soirée, complètement improbable... On se souviendra de ce premier anniversaire de mariage, même si le lendemain nous avions un peu la tête dans du coton...







mardi 1 avril 2014

Pokhara : Yoga, détente et parapente


Nous profitons de notre retour sur Pokhara pour se remettre un peu de nos émotions, et commençons par un vrai repas !

Nous partons pour explorer la ville, et rencontrer deux clubs de yoga. Nous sommes accueillis dans le premier par un type un peu bizarre… Peut-être que la méditation c’est comme faire loucher les yeux, certains sont restés coincés quand il y avait du vent. Nous l’écoutons patiemment, mais n’éveille pas assez notre confiance pour que nous nous tordions dans tous les sens dans son établissement.



Nous continuons et allons à la rencontre de Preeti, du second club de Yoga. L’endroit est propice à la relaxation, isolé sur les bords du lac, loin de l’agitation urbaine. Nous passons un peu de temps avec cette jeune Indienne, qui nous explique sa démarche et sa philosophie, et propose de nous donner en cours privé, dès le lendemain.

Lorsque nous nous y rendons, nous avons du pain sur la planche. Elle a le challenge de nous initier, en à peine quelques heures, à chanter le « Ohm », à mieux respirer, à essayer quelques postures de yoga en fonction de nos besoins, et enfin nous terminerons par de la méditation, avant d’aller dîner !

Autant le dire de suite, essayer de chanter pour la première fois un « Ohm », les jambes croisés et les mains vers le ciel, c’est vraiment étrange, principalement par peur du ridicule… mais bon, si c’est une technique bouddhiste, pourquoi ne pas tenter ?

#Ohm-aisqu’estDonc ?
Le « Ohm » est un chant bouddhiste, qui vise à faire des vibrations dans 3 parties distinctes du corps : la gorge, la mâchoire et la cage thoracique. Ces vibrations doivent aider à réguler la thyroide dans la gorge, à nettoyer les pensées avec des vibrations dans la machoire et dans le crâne (est-ce que l’on appelle du remue-méninges ?), et à dépoussiérer les alvéoles des poumons ! Bon, on y croit ou on n’y croit pas, mais cela ne peut pas vraiment faire de mal – sauf à l’estime de soi !


Nous continuons sur des étirements, et devant notre souplesse incroyable (vous vous rappeler de l’arbre et du roseau dans la fable de La Fontaine ? Ben nous, c’est plus l’arbre que le roseau…), nous insistons beaucoup sur cette étape, avant d’essayer quelques poses… Qui a dit que le yoga n’était pas du sport ? Nous sentons tous nos muscles trembler en même temps, dur de poursuivre très longtemps !

Preeti nous initie à quelques techniques de respirations pour nous remettre de tous ces efforts, et nous présente Gerald, un Allemand bouddhiste reconverti en professeur de méditation, pour nous détendre par des techniques pour nous libérer l’esprit (non, ce n’est pas parce que nous sommes en voyage depuis 5 mois que nos esprits cessent de cogiter !). C’est assez surprenant, et l’avantage c’est que l’on peut poursuivre tout seul chez soi !


Nous terminons par un diner sympathique, et rentrons à la frontale jusque chez nous ! Vive les coupures de courant !
Au Népal, le courant n’est pas disponible en continu, mais plutôt en alternatif (petite blague de physique…) : 12h par jour vous pourrez avoir de l’électricité, et pendant 12h, vous pourrez vous remettre à la bougie (moins pratique pour charger un ordinateur.). Le truc facile pour s’organiser, c’est que n’est pas à heures fixes ! Les horaires changent quotidiennement, pour ne pas favoriser certains quartiers. Quand vous cherchez une chambre d’hôtel, c’est donc utile de savoir s’il y a un ballon d’eau chaude (type gros bidon en plastique qui chauffe sur le toit avec le soleil), ou s’il s’agit d’une chaudière électrique… (vous voyez le lien ?).

Le lendemain, Yann s’inscrit pour une sortie en parapente au-dessus de la vallée de Pokhara, et nous retrouvons nos co-trekkeurs italiens, Agnese e Carlo (ce sont des italiens, faut pas blaguer avec les accents…) pour un sympathique dîner.
Comme prévu, Yann se dirige le lendemain matin vers le lieu du saut. Après 10 minutes à l’arrière d’une jeep sur une route de montagne (sans voir la route, bien trop facile sinon), l’estomac déjà un peu secoué, il est harnaché en quelques instants par un Népalais, et à peine le temps de s’en rendre compte que les pieds ne touchent déjà plus le sol. Youhou !




Le parapente au Népal, à 2000m, n’a pas grand-chose à voir avec le parapente à la Dune du Pilat. En bruit de fond, un bip plus ou moins aigu varie d’intensité, sans cesser. Lorsque Yann interroge celui qui tient sa vie entre ses mains sur l’utilité de la chose, le moniteur sait être rassurant : « GPS for air pressure : if bad management, then collapse » (s’il gère mal la pression de l’air, alors on s’écrasera). OK – message reçu, fini de poser des questions à la c**.
Au moment d’allumer la caméra, celle-ci profite du 1er Avril pour une petite blague improvisée, et refuse de s’allumer. C’est donc les pieds dans le vide, avec rien pour se tenir qu’il faut retirer le boitier extérieur, enlever le cache, retirer et remettre la batterie, le cache, le boitier… en serrant les fesses pour ne rien lâcher si une bourrasque se présentait.

Le vent souffle, et malgré la technique du pilote, des sensations de « décrochage » sont fréquentes, couplées à un tournoiement pour monter avec les courants plus chauds.. Un peu comme la sensation de chute dans une voiture qui se retrouve sur une route pentue d’un coup… Avec un tas de de virage en prime.

La sensation est fantastique, mais Yann est assez content de remettre les pieds sur le plancher des vaches. Lorsqu’il retrouve les personnes qui ont volées en même temps que lui, le verdict est sans appel, les 3 ont l’impression d’avoir passé la journée dans une machine à laver… La route du retour en 4x4  jusqu’à la boutique n’est pas évidente, mais Yann tient bon pour venir s’allonger le reste de la journée à l’hôtel ! On recommencera l’expérience, mais surement ailleurs !


C’est déjà la fin de notre étape à Pokhara. La ville, grâce à son lac, est tout à fait agréable, et il fait meilleur y vivre qu’à Kathmandou ! Nous passons par une dernière étape shopping (premiers achats souvenirs en 5 mois, un record), et jetons notre dévolu sur un plaid en poils de yak ! Apres tout, s’ils paissaient sans sourciller à 5000 mètres quand nous les avons croisés, il n’y a pas de raison que nous ne profitions pas du filon… surtout si l’on n’envisage pas de paître à 5000m. 




jeudi 27 mars 2014

Tour des Annapurnas - Du High Camp à Muktinath - et jusqu'à Pokhara


J10 : Du High Camp à Muktinath – et jusqu’à Jomsom
4818m - 5416m - 3760m - et retour à 2720m

A 1h30 du mat, ce n'est pas le réveil qui sonne mais une Clem malade qui ramène Yann à la réalité. Bilan douleurs dans le ventre et dans le dos, Clem ne peut plus bouger, plus marcher. Les discussions sont plus au rapatriement par hélicoptère ou à dos de Yack qu'au passage du col dans 3h... Massages au baume du tigre et médicaments sont au programme de la nuit. C'est donc après une très courte sieste que le réveil sonne... Clem n'est pas dans sa meilleure forme mais elle remarche, elle veut passer le col, alors on avale le petit-déjeuner dans une ambiance mélangée d’agitation et d’appréhension, et c'est armés de nos frontales que nous partons avec Chhabi, Carlo et Agnese.




Nous enfonçons nos pas dans la neige fraîche de la nuit et suivons le bal des lumières des trekkeurs partis quelques minutes avant nous. Le ciel s'éclaire peu à peu, c'est sublime... Ce coucher de lune puis lever de soleil sur les montagnes, vaut allègrement les 9 jours que nous avons dans les pattes. Nous trouvons notre rythme et nous mettons en mode croisière pour profiter de cette étendue blanche qui s'offre à nous. Un sentiment de plénitude dans ce paysage silencieux sous le soleil du matin: nous sommes sous le charme.




Le vent froid nous pique les mains même à travers nos gants. Quand nous arrivons au col de Thorung La à 5416m, nous ne sommes pas peu fiers et tentons de réchauffer nos bouts de doigts avec notre tasse de thé. Et oui, il y a un Népalais qui a compris le business, il vit là-haut, dans sa cahute de 15m2, fait du thé aux touristes qu'il vend 5 fois le prix normal (bon d'accord, même là c'est toujours très loin du prix du coca à Courchevel !).



Nous restons le temps de prendre la pose comme tout bon trekkeur qui passe par là et nous nous remettons en route. C'est qu'il ne fait pas très chaud en haut d'un col (non roulé) ma petite dame!

On n’a pas tellement aimé la deuxième partie de la journée, alors en voici le résumé : 2000m de dénivelé à redescendre, de la neige fraîche qui glisse à cause du soleil, des plantés de bâtons dignes des bronzés, des chutes mémorables, un genou qui grimace, de la neige qui glisse toujours plus, un bâton qui se casse en deux pendant une chute, un genou qui a mal, un guide qui descend comme un chamois, des Italiens qui chantent et ça y est c'est fini. Muktinath entre dans notre champ de vision. Notre rando se terminera presque là...140km plus tard !


Nous parcourons la ville mais nous ne nous y attarderons pas, nous souhaitons nous rendre à Jomsom. Mine de rien nous avons crapahuté pendant 9h et nous sommes exténués. Nous prenons une jeep et laissons Carlo et Agnese à Kagbeni, nous traversons des rivières, roulons sur des roches et sommes parfois très proche du vide. Mais comme personne n'est inquiet, nous décidons de ne pas l'être non plus. Nous arrivons à Jomsom avec le dos en compote, en plus des jambes, et passons notre dernière soirée avec Chhabi.

J11 : De Jomson à Pokhara

Heureusement qu'il y a une route entre Jomsom et Pokhara, pour éviter de finir le trek à pieds... Nous imaginions déjà l'asphalte et la possibilité de finir notre nuit dans le bus. C'était sans compter sur l'état de la route, la conduite au klaxon (spécialité locale, nous y reviendrons) et nos places de bus qui n'étaient pas vraiment réglementaires... 7h dans un tape-cul, sur un banc dos à la route derrière le chauffeur, face aux touristes du premier rang, c'est épique. Le chemin de montagne que nous empruntons n'est pas vraiment large : nous avons dû descendre à plusieurs reprises le temps que deux bus et plusieurs Népalais jouent à Tetris entre la falaise et le précipice... Une autre façon de voyager on vous dit ! Arrivés à Béni, nous changeons de bus et c'est reparti pour 3h... Après d’âpres négociations, notre chauffeur nous fait une faveur et nous dépose à l'entrée de la rue de notre auberge, cette journée est encore plus épuisante que les 10 précédentes!



Et quelques autres clichés :








lundi 24 mars 2014

Tour des Annapurnas - De Lower Pisang au High Camp


J5 Lower Pisang – Manang : 6h de marche
3200m - 3540m

A plus de 3000m, les nuits commencent à être sérieusement fraîches, surtout dans des "chambres" sans chauffage, et sans isolation... Il s'agit de dormir complètement sous le duvet, et malgré une couverture additionnelle, on ne laisse rien dépasser ! A 6h30, Nous sortons difficilement de notre lit, et nous habillons tout en restant dans le duvet.

Une route relie directement Lower Pisang et Manang, mais comme nous ne sommes "pas là pour être ici", nous faisons les puristes et nous dirigeons vers les villages en altitude de Ghyaru et Ngawal... Même si notre porteur nous suit un peu en rechignant : il aurait préféré le terrain plat !





Un chemin particulièrement escarpé et pentu nous amène 500 mètres plus haut, à 3670m. Nous ne regrettons pas notre choix, la vue est d'autant plus exceptionnelle que nous prenons de la hauteur. Nous faisons une pause rapide au milieu de ce village qui semble sorti des cours d'histoire, avec une femme qui semble aussi vieille que les pierres qui nous entourent, et nous poursuivons. Nous repérons Annapurna IV (7535m) et redescendons en longeant la vallée.


Verrez-vous la face "humaine" d'Annapurna II ?

Nous approchons Manang, le soleil tape fort, et arrivons sur une ville perdue dans une plaine désertique, surplombée par des montagnes qui semblent toucher le ciel. Paysage surréaliste, cela ne ressemble à rien que nous ayons vu auparavant, et pourrait aisément être le décor d'un film de science-fiction...


Nous finissons par trouver une auberge, et devons payer notre chambre (première fois depuis le début du trek!).
Ce soir, notre chambre à une salle de bain attenante. Grand luxe : un wc a la turque et un pommeau de douche. L'eau est chaude est nous en profitons pour prendre l'un des dernières douches du trek.

Un rapide dîner permet à Yann de goûter au Yak Burger, spécialité locale !
#RecetteDuYakBurger : pain / steak de yak / pain. Facile à reproduire chez vous !

Manang est réputée pour des boulangerie/pâtisserie, notre essai du premier soir n'est pas particulièrement convaincant. Presque 5 mois sans une bonne pâtisserie de chez nous !

Nous prévoyons un jour de repos le lendemain en restant à cette altitude pour nous acclimater, et nous irons sûrement prendre l'air avec une petite balade. Il ne faut pas casser le rythme.

Jour 7 : Acclimatation à Manang

Grasse matinée jusqu'à 7h30, nous entamons notre (presque) jour de repos. En restant à Manang une journée, nous allons habituer progressivement notre corps à l'altitude. Nous partons voir le glacier du Ganapurna à 3800 mètres. Ça grimpe et l'effort n'est pas sans rappeler celui de la Isla Del Sol, avec la neige en plus. La vue est belle sur la vallée et les montagnes. Nous profitons de l'instant et savourons un petit thé face au paysage. La descente est glissante et nous y allons à pas de loups. Nous apercevons un bal incessant d'oiseaux particulièrement imposants, au-dessus de nos têtes. Nous voyons pour la première fois des vautours, ils sont nombreux et dépècent sauvagement un cheval... La nature à l'état brut.



Le reste de la journée s'annonce calme, nous préparons les options d'itinéraire avec Chhabi et nous mettons nos jambes un peu au repos.

Il y a un rendez-vous immanquable pour les touristes à Manang, l'intervention de médecins sur le mal des montagnes. Nous nous y rendons bien sagement avec Chhabi. Il n'y a plus qu'à monter doucement et croiser les doigts si nous ne voulons pas être malades.

Il nous faut occuper le reste de l'après-midi, c'est autour d'un jeu d'échec que nous prenons place. Clem aura donc appris à jouer au Népal à 28 ans. Mieux vaut tard que jamais.


J8 : De Manang à Ledar : 4h de marche
3540m – 4200m

Il nous reste deux jours avant le passage du col, nous y allons progressivement afin de poursuivre notre acclimatation. Au programme, une nuit à 4200m à Ledar. La première partie du chemin grimpe pas trop mal (!), puis nous traversons des « champs » de yacks avant d'arriver à notre refuge. Nous rencontrons un couple d'italiens avec qui nous discutons, ils nous suggèrent de monter encore un peu le temps d'une balade pour une meilleure acclimatation. Il est encore tôt, nous décidons de gravir quelques centaines de mètres de plus.




J9 : De Ledar au High Camp : 3h de marche
4200m – 4833m

Ce soir nous allons dormir plus haut que le sommet du Mont-Blanc. Mais pour y arriver, il y a quelques kilomètres à parcourir. Nous partons sous un soleil timide rejoindre Thorung Pedi. Le chemin monte bien, puis nous arrivons sur du « népali flat ».

#kezakoNepaliFlat: c'est un chemin qui monte et qui descend mais qui n'est jamais plat!

Nous n'allons pas vous cacher que de 4200m à 4500m, l'effort est plus difficile. Mais c'est de Thorung Pedi au High Camp que cela se gâte vraiment. 1h de montée bien raide, avec des petites plaques de glaces et un happy-ending sur un mélange de neige/patinoire!


Il est 12h, et nous sommes arrivés à notre hôtel pour la nuit à 4833m.  Nous prenons place dans la pièce principale et nous retrouvons nos amis italiens.



L'avantage/inconvénient d'un trek comme celui-ci, c'est que l'on retrouve tous les soirs les mêmes personnes bruyantes que l'on aimerait éviter, mais également les trekkeurs expérimentés qui racontent leurs histoires à travers le monde. Il faut parfois quelques jours avant de créer un lien, et notre avant-dernier jour est marqué par Becky, Seiji et Tom. Trois américains entre 60 et 70 ans, trekkeurs accomplis (Népal, Pakistan, Équateur etc.). Seiji d'origine japonaise nous régale de conseils pour notre escapade nippone, il nous met l'eau à la bouche en nous parlant des spécialités. Pendant qu'il neige à l'extérieur, nous sommes toujours au froid dans la salle commune mais nous apprenons aux américains à jouer au "trou du cul". En retour ils nous font jouer aux dés, et nous nous lançons dans une partie animée de « farkle ». Entre les jeux et les discussions, l'après-midi passe bien vite. Une belle équipe italo-américano-française!

Nous croisons les doigts pour que l'on puisse passer le col le lendemain et allons nous coucher, le réveil sonne à 4h !