jeudi 24 juillet 2014

C'est moi Simba, c'est moi le Roi...


Nous ne changeons pas nos bonnes habitudes, nous levons à 4h30, prenons le premier bus et partons pour le triangle culturel... Nous essayons de continuer notre nuit, mais plus les kilomètres défilent plus les passagers rentrent dans le train. Yann se retrouve presque avec un Sri Lankais sur les genoux... On ne comprendra jamais comment ils arrivent à faire rentrer autant de personnes dans un si petit espace, le tout sans esclandre...

L'avantage des bus au Sri Lanka, c'est qu'ils partent à l'heure et qu'il y a plein de connexions... Tu descends d'un bus et tu sautes dans un autre... Facile!

Nous avions aimé le train pour les paysages et nous adorons le bus pour l'ambiance et la vie qui défile derrière nos fenêtres. Les enfants en uniformes blanc se rendent à l'école, les femmes en saris se protègent du soleil sous un parapluie, les hommes en sarong installent les fruits et cocos sur les étals... Le quotidien des Sri lankais nous dépayse et nous enchante.  Au petit matin, nous avons même eu la chance d'apercevoir un éléphant sauvage en arrière-plan d’une lagune où les pêcheurs étaient en action... Des moments difficiles à capter en photos mais qui restent dans nos mémoires, des instants où le temps se suspend...

Mais dans le bus, on observe aussi des tranches de vie différentes, un moine qui rentre et qui d'un simple geste de la main, fait se lever deux personnes pour qu'il puisse s'asseoir, ou un policier qui transporte un prisonnier menotté...

Nous voilà arrivés à Polonaruwa, une des anciennes capitales du Sri Lanka réputée pour ses temples... Que nous n'irons qu’apercevoir! US$25 par personne pour un pass valable une journée, prix auquel il faut rajouter le transport et un guide, ça sera donc sans nous... Pour comparaison, le fabuleux site d’Angkor au Cambodge, ne demande « que » US$40 pour 3 jours… et il y a un peu plus à voir qu’un bouddha couché ! Le gouvernement Sri Lankais prend de plus en plus les touristes pour des vaches (sacrées) à lait, les prix sont parfois 100 fois supérieurs aux prix des locaux. C’est dommage !



Nous nous laissons tenter par le buffet de l'hôtel, nous sommes prêts même avant l'heure pour ne rien louper... C'était sans compter sur la présence d'une douzaine de chinois... Nous les voyons se ruer sur les plats... Nous nous retrouvons à la queue loin derrière et nous les voyons garnir leurs assiettes comme s'ils n'avaient pas mangé depuis plusieurs jours. Quand nous pouvons enfin atteindre les mets, nous nous retrouvons face à des plats vides ou presque vides. Nous négocions avec le manager pour qu'il nous trouve un peu plus à manger quand une chinoise ose s'approcher avec son assiette vide (déjà ?) pour se resservir... Nous avons cependant droit à un traitement de faveur, il semble que les Chinois soient assez mal perçus par la plupart des locaux.. Il nous ramènera même des « paratas », petits pains locaux que Yann affectionne particulièrement…

Levés de bonne heure, nous décidons tout de même de louer des vélos et de nous balader dans les environs... Nous rentrons même dans l'enceinte des temples en empruntant des chemins de traverse... Nous nous faisons gentiment rappeler à l'ordre par un garde qui nous demande nos billets. Nous remontons sur nos bicyclettes l'air de rien...






Nous continuons notre route, repartons en bus pour faire une soixantaine de kilomètres. Notre seconde étape du triangle culturelle est Dambulla et visiter le temple voisin de Sigiriya. Le premier bus est prévu à 7h du matin, nous venons de monter dans le tuk-tuk pour aller à la gare quand notre chauffeur nous montre notre véhicule, déjà plein, prendre de l'essence à la station-service... Nous sautons d'un moyen de transport à l'autre, et faisons notre premier voyage debout... Au fur et à mesure que nous avançons nous nous serrons vers le fond du bus, c'est l'heure des écoliers et des travailleurs... Ça en fait du monde à caler, nous nous sentons comme des sardines à l'huile (vu la chaleur) dans leurs boîtes. Le contrôleur organise les passagers dans l’allée pour en faire rentrer un maximum (business oblige !), ceux qui ont du mal à monter confient leurs sacs à ceux qui sont déjà assis, et les récupèrent en descendant ! 

Arrivés à Sigiriya, nous voyons les touristes arriver en bus ou tuk-tuk, suivre leurs guides et faire la queue pour monter la tête du lion... Nous continuons notre chemin, des chiens sauvages collés aux basques, attirés  par notre sac de petit déjeuner : biscuits et bananes. Nous avions vu l'effet de la banane sur les singes à Bali, pour autant, il nous a fallu quelques secondes pour comprendre que le singe qui s'avançait vaillamment vers nous ne veut pas nous faire une haie d'honneur mais qu'il a deviné ce que contenait notre sac. Le chien qui nous suit flaire notre menace, et court en aboyant pour effrayer notre assaillant ! Voir un chien chasser un singe pour nous défendre, ça c'est fait. Yann cache le sac dans sa poche et nous passons à travers des familles de singes sans encombre…


Nous souhaitons plus précisément découvrir le rocher du lion. Pas question pour nous de dépenser les 25$ par personne (encore !) de rigueur pour aller grimper sur un rocher (ça sent l’arnaque…), nous allons faire un petit trek sur le rocher similaire (Pidurangala) et temple qui fait face à la « tête de lion » pour l'apprécier encore plus... et toc !



Celui-ci est à flanc de rocher et même parfois complètement dans la pierre. Nous payons notre entrée -symbolique- au moine qui nous donne pour seule indication que le sommet est à une trentaine de minutes. Nous montons le premier escalier et nous avons l'impression d'être dans un jeu vidéo, à la recherche du temple perdu. Nous explorons, prenons des chemins, passons sous des rochers, revenons sur nos pas, tentons un autre chemin, saluons un bouddha couché, escaladons encore plus haut et nous retrouvons enfin au sommet... Nous sommes seuls au monde, la vue à 380 degrés est dégagée, nous pouvons contempler le rocher sacré tout en ayant l'impression d'être dans le roi lion au moment de la naissance de Simba...




Il est 10h du matin, nous allons commencer notre deuxième journée. Nous retrouvons Dambulla, prenons nos sacs et filons vers notre lieu préféré : la gare de bus, sauf que dans cette ville il n'y en a pas vraiment.

Nous continuons notre jeu vidéo dont nous sommes les héros en cherchant le bus qui nous amènera à Negombo. Pas de transport direct, nous devrons faire un changement dans une ville dont nous ne retenons pas le nom, à 2h de route. Le chauffeur devait avoir un rendez-vous urgent et important quelque part puisque nous roulons souvent à 3 voies, slalomons entre les tuk-tuk, voitures et autres moyens de locomotion à une vitesse de dingue.

Changement de bus, arrivée à Negombo 3h30 plus tard... Il est 16h nous avons avalé 2 petites bananes à 7h du matin... Il se fait faim... Nous nous offrons notre premier repas européen du Sri Lanka pour changer de l’invariable riz-curry. 




samedi 19 juillet 2014

Arugam Bay, le "Bisca" Sri-Lankais

Notre bus local se transforme magiquement en van super confortable : un chauffeur doit rejoindre Arugam Bay, mais il cherche des gens pour ne pas partir à vide, nous sautons sur l’occasion, divisons par deux notre temps de trajet et multiplions par trois le confort, nous pouvons récupérer un peu de notre randonnée matinale après une courte nuit !

Grande destination du pays, Arugam Bay est un lieu de pèlerinage… pour les surfeurs. Nous l’admettons, nous faisons une courte pause dans la découverte culturelle pour aller voir ce phénomène. Chose étrange, ici les vagues ne se cassent pas face à la plage, comme dans toutes les plages du monde, mais parallèlement à la côte. Conséquence directe : une vague qui n’en finit pas pour les surfeurs. Cependant, de nombreuses méduses échouées nous surprennent, nous nous renseignerons avant d’aller nous baigner… Nous finissons la journée par une nouvelle séance de yoga – cela faisait longtemps depuis le Népal !



Découverte du jour, une boisson eau de coco – ananas – gingembre, quel bonheur après la chaleur d’un studio de yoga qui était presque bikhram, façon cuisson à l’étouffée !


Il est temps d’aller affronter ces vagues. Nous louons une planche de surf, négocions notre tuk-tuk, regardons notre chauffeur accrocher notre équipement sur le toit et partons à la découverte d’une plage plus calme pour les débutants. Yann a déjà pratiqué ce sport de glisse, c’est donc surtout une première pour Clem. Le spot, nommé Peanut Farm (Ferme aux cacahuètes, on ne sait toujours pas pourquoi..), est un coin plutôt agréable où se mêlent baigneurs locaux et surfeurs. Du bord, les vagues sont bien plus petites qu’à Biscarrosse. En revanche, une fois dans l’eau, on s’aperçoit surtout de la force de celles-ci, et qu’elles n’ont rien à envier à leurs cousines françaises. Elles s’abattent et entraînent avec violence. Clem n’est plus si rassurée que ça… Yann en prof particulier, lui montre la voie.


Les locaux, uniquement masculins, s’ébattent dans l’eau en slip (de « ville »), dans des cris singuliers, ils sont contents d’être là ! Ils se baignent dans la zone surfeurs mais ne bronchent pas quand des planches jaillissent des vagues et retombent un peu au hasard… Ils en profitent pour nous demander ce que l’on pense de leur pays, de la région, des vagues…

La vie étant un éternel recommencement, après une nouvelle suée au yoga, nous nous retrouvons une nouvelle fois… au restaurant. Après s’être rapidement posés dans un restaurant « tendance », d’où nous avons filé aussi sec en regardant les prix, pour retourner dans notre petit restaurant sans prétention, mais qui sert des curry extraordinaires, pour un tiers du prix ! C’est l’occasion pour Yann de goûter la ginger beer (boisson sans alcool, à base d’eau pétillante et de gingembre…c’est désaltérant, mais c’est épicé !).

Il paraît qu'après être tombé de cheval il faut remonter en selle, alors nous revoilà partis avec notre planche sous le bras pour tenter de dompter les vagues. Nous sommes lundi, pas trop de locaux à l'horizon mais de nombreux surfeurs sont de sortie. Les vagues sont moins puissantes que la veille et nous avons une planche plus légère... Clem retente et finira par se mettre à genoux. Pas vraiment un échec cuisant mais pas une grande réussite non plus... Nous en profiterons pour tenter la "slackline", sorte de bande tendue entre deux cocotiers, pour jouer les apprentis équilibristes, à 50 cm du sol...



Yann s'éclate dans les vagues même s'il faut parfois jongler avec les surfeurs confirmés qui déboulent à toute vitesse.
Il est temps de rendre la planche... Yann a choisi la destination de nos prochaines vacances en France, le sud-ouest devrait donc nous voir l'été 2015 !




Nous prenons un verre avec un couple de Lillois rencontrés à l'auberge, puis dînons avec eux et le propriétaire... La soirée est bien agréable mais comme cendrillon nous rentrons nous coucher aux douze coups de minuit...




   




vendredi 18 juillet 2014

La fin du monde, c’est ce matin !

Il est 4h30 quand notre réveil sonne, nous avions presque perdu le rythme. Nous avons une demi-heure pour nous préparer et prendre nos sacs. Nous rencontrons nos compagnons de route Sisse et Thomas, un Danois et une Danette en voyage. Ils ont un certain nombre de voyages à leur actif, nous sympathisons et prenons la route ensemble. Arrivés au parc, il faut déjà commencer par payer les frais d’entrée. Entre les prix à répartir par adulte, par voiture, pour le guide, la taxe journalière et la TVA, le calcul est assez obscur…. Nous nous lançons finalement à 7 heures, un cerf et une biche passent juste à côté de nous, le soleil se cache derrière la brume, nous croisons les doigts - bien emmitouflés au fond de nos poches, il peut faire froid au Sri Lanka, surtout en altitude !



Nous arrivons près d’une heure plus tard à destination. Nous sommes à flanc de falaise, 880 mètres de vide se présentent à pic sous nos pieds. Endroit idéal pour enfin prendre notre petit déjeuner ! Chance, un grand soleil nous éclaire la vallée, d’ici nous apercevons les plaines environnantes et les rivières qui viennent abreuver les éléphants des parcs nationaux. Il paraît même que l’on peut distinguer la mer avec un temps clair comme celui-ci… qu’ils disent !




Nous reprenons la balade, le paysage nous fait penser à la campagne armoricaine et aux highlands écossais. Enfin, c’est ainsi que nous les imaginons ! Un rapide tour par une cascade, et notre chauffeur est surpris de nous voir si «lents » lorsque nous prenons une pause pour nous étirer : notre train part à 10h30 (ah bon ?), et il est déjà 10h05, et nous avons 11km à parcourir. Pied au plancher, notre pilote enchaine les virages, mais est dépité quand nous voyons une barrière bloquer la route… Nous apercevons le train rentrer en gare ! Qu’à cela ne tienne, nous attrapons nos bagages, commençons à courir, Yann enjambe la barrière, qui tombe à terre sous l’impulsion…et Yann avec. La course n’est pas perdue, nous arrivons sur le quai, faisons signe au conducteur de la locomotive, le chef de gare se retient de siffler lorsqu’il nous aperçoit essoufflés et avec nos sacs à bout de bras. C’est gagné !




Plus de place dans le train, une petite famille française à bord se serre aimablement pour nous faire une place. Quatre heures de papote plus tard, nous nous séparons, une petite tranche de vie partagée avec ces sympathiques Français que nous n’aurons certainement pas l’opportunité de revoir. « De la discussion gratuite » comme le père nous dit, un moment où personne n’attend rien de l’autre, juste de passer un bon moment. 



Gare d’Ella, nous descendons. Charmante bourgade de la région montagneuse, le soleil nous accompagne toujours. La ville semble prendre son temps, et autour de la rue principale peu d’activité, mais quel endroit agréable ! Nous ressentons cette ambiance si difficile à décrire… La luminosité tombante éclaire chaudement la ville, les couleurs des tuks-tuks, saris et devantures de magasins égayent la scène, et tout autour c’est une nature verdoyante et apaisante qui nous entoure.

Nous repartirons déjà le lendemain matin, non sans s’être mis un petit challenge avant. Notre bus part à 9h, mais nous ne voulons pas quitter la ville sans aller gravir le « mini » Adam’s Peak, sommet qui domine la vallée, petit frère du « vrai » Adam’s Peak qui mettrait trop à mal les genoux de Clémence. Nous partons à 6h30 en essayant de trouver notre chemin dans les plantations de thé. Peu de panneaux indiquent la route, la mafia des guides locaux a encore frappé ! Un chien (si, si, un chien) nous accompagne sur tout le chemin, et semble même nous montrer la voie. Nous atteignons le sommet, découvrons la vue sur toute la vallée, cela valait la peine de se lever tôt !







jeudi 17 juillet 2014

Newara Eliya, c'est la (troisième) classe !


Notre changement de programme de la veille nous oblige à prendre nos billets de train à la dernière minute. Nous souhaitions tester la seconde classe, mais à 40 minutes du départ, seule la troisième classe est disponible. Le guichetier nous rassure, il y a quand même un siège numéroté. Bonne nouvelle, nous n’allons pas faire 4 heures de train les pieds sur un scooter comme en Sulawesi, ni façon bobsleigh comme aux Philippines. Notre wagon est plein de touristes ayant acheté leurs billets aussi tardivement que nous. Les sièges sont certes un peu moins confortables qu’en 1ère, mais nous préférons les fenêtres ouvertes à la climatisation polaire.


Le voyage est réputé pour la beauté de ses paysages et bien évidemment nous ne sommes pas dans le sens de la marche. 

Echec ! Clem part en éclaireur explorer les wagons voisins et s’aperçoit qu’il y a de la place avec les locaux. Nous sommes gentiment observés quand nous débarquons avec nos affaires, et nous installons. Nous commençons à prendre en photos deux enfants aux bouilles attachantes. Nous adorons leurs réactions quand nous leurs montrons le résultat sur l’appareil. 

Les parents prennent au sérieux notre session photo et les font poser, nous leurs proposons de leur faire une photo de famille. Ils n’ont pas d’e-mail et l’adresse sommaire qu’ils nous ont donnée nous laisse à penser qu’ils ne vivent pas vraiment dans une grande ville. Nos autres voisins locaux commencent également à nous parler, nous passons donc la dernière heure à discuter de tout et surtout de rien avec tout le monde. Nous quittons notre wagon avec des grands « au-revoir » de tous les passagers du wagon, et surtout de nos deux petits monstres à la fenêtre qui nous envoient des bisous par milliers. Ce sont des moments comme ça que nous aimons dans le voyage.







Une demi-heure de bus plus tard (pour faire 9 km), nous arrivons à Newura Eliya. Nous passons l’après-midi à flâner dans la ville, découvrons les gâteaux aux yaourts locaux (ils ressemblent à des briques mais c’est tout moelleux, délicieux !) et organisons notre randonnée du lendemain. Cette ville, surnommée "la petite Angleterre", n’a pas grand intérêt si ce n’est d’être le point de départ pour le World’s End, littéralement « la fin du monde ».